Cuba s’ouvre au commerce et à l’investissement étrangers

On 19 novembre 2015, Publié par , dans Analyse internationale,

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Suite à la réouverture par Cuba et les États-Unis de leurs ambassades dans la capitale l’un de l’autre le 1er juillet 2015, la 33e foire commerciale annuelle FIHAV (Feria Internacional de La Habana), qui s’est tenue du 2 au 7 novembre, a illustré l’intérêt international croissant suscité par la décision du gouvernement cubain de faire de l’île une destination plus attrayante pour le commerce et l’investissement étrangers.  Quelque 900 entreprises y étaient représentées, présentant les produits et les services de 4,500 exposants de 70 pays à environ 150,000 visiteurs et participants.

À la FIHAV le gouvernement cubain a publié la version 2015 de son Portefeuille d’occasions pour l’investissement étranger, une collection de 326 projets pré-approuvés dans les 12 secteurs économiques suivants (suivi par le nombre de projets): mines (15), agroalimentaire (40), tourisme (94), énergie renouvelable (22), pétrole (86), industrie (21), transports (15), biotechnologie et produits pharmaceutiques (9), soins de santé (3), construction (14), commerce (4) et audiovisuel (3).

Vingt de ces projets sont dans la Zone de développement spéciale de Mariel (ZEDM),  plus grand projet d’infrastructure jamais construit à Cuba, où les investisseurs étrangers bénéficient d’avantages fiscaux supplémentaires à ceux prévus par la nouvelle loi cubaine sur l’investissement étranger.  Située à 50 km à l’ouest de La Havane, la ZEDM s’étend sur 42 km carrés et comprend un port destiné à devenir l’un des plus importants des Caraïbes.  La Zone vise à attirer les investissements directs étrangers et à favoriser l’innovation technologique ainsi que les exportations.

Le 3 novembre était le Jour du Canada à la FIHAV. « Ça va être une excellente occasion de renforcer tant les relations commerciales que les intérêts en matière d’investissement entre Cuba et le Canada, » a dit Manuel Marrero, Ministre du Tourisme de Cuba, notant qu’au cours de la dernière année le Canada s’était élevé de cinquième à quatrième plus important partenaire commercial de Cuba, derrière le Venezuela, la Chine et l’Espagne.

Christine St-Pierre, la première Ministre des Relations internationales du Québec à visiter l’île, a décrit l’accueil de ses hôtes cubains comme chaleureux et prometteur, particulièrement dans des secteurs prioritaires de l’économie de la province comme le bioalimentaire, la biotechnologie, les technologies de l’information et les énergies renouvelables. « L’intérêt des autorités cubaines est évident pour de nombreux domaines dans lesquels le Québec est un chef de file », a-t-elle déclaré. Alors que l’économie de Cuba est en mutation, les relations diplomatiques ininterrompues depuis 70 ans entre le Canada et Cuba positionnent avantageusement le Québec pour développer des partenariats avec ce pays, a ajouté la Ministre.

Dans le cadre de son programme de modernisation économique, Cuba a adopté des changements radicaux à ses lois et règlements qui, entre autres, ont autorisé la vente immobilière aux étrangers pour la première fois depuis de nombreuses années.  Quand l’embargo américain contre Cuba finira, les prix de propriétés privées dans l’île augmenteront nécessairement. Le président Obama a déclaré à de nombreuses reprises son désir de lever l’embargo, mais cela exigera une loi adoptée par le Congrès américain, dont les deux chambres sont maintenant contrôlées par le Parti républicain.

Jusqu’à ce que cela n’arrive, les exportateurs et les investisseurs canadiens ont un avantage compétitif sur le marché cubain. Cependant, étant donné la pression croissante tant des intérêts d’affaires américains que d’une majorité d’Américains d’origine cubaine, cet avantage pourrait être de courte durée.

Pour de plus amples informations, veuillez contacter Paul Fauteux ou Alfredo Moreira

 

 

Paul Fauteux est diplômé en droit des Universités de Montréal et McGill. Il est un expert en droit international et un de cinq Canadiens à détenir le Diplôme de l’Académie de droit international de La Haye. Ancien diplomate, il a été Ministre-Conseiller, Affaires du Congrès et juridiques à l’Ambassade du Canada à Washington, D.C.  Il s’exprime couramment en espagnol et suit de près l’évolution de Cuba depuis le tournant historique représenté par les résolutions du Parti communiste cubain de 2011 sur la modernisation du modèle économique du pays.

Alfredo Moreira, un des associés principaux de CMKZ, est diplômé en droit des Université de Paris et Laval. Sa pratique est principalement concentrée sur le commerce international, le développement des marchés et la stratégie d’affaires et d’investissement en Amérique latine. De langue maternelle espagnole, il s’exprime aussi couramment en portugais.  Il est l’auteur de nombreux articles sur l’Accord de Libre-échange nord-américain ainsi que sur l’accès aux principaux marchés latino-américains.